LeGrandJeu

En attente du procès

 

Notre intérêt pour la représsion du graffiti ne date pas d'hier. Il y a quelques années, nous avions essayé, sans succès, de proposer à des graffeurs italiens de notre cercle de monter un projet consistant à coller sur les murs d'un lieu d'exposition des photocopies des pv et des actes des procès qu'ils avaient subi (tout en rayant leurs vrais noms). C'est à ce moment que nous avons découvert le régime d'omerta qui entoure le monde de la repression du graffiti. Envie d'oublier des journées difficiles et de tourner la page, souhait d'être reconnu et réputé pour son travail dans la rue et pas pour sa guerre contre la police, volonté de ne pas hurter police et juges pendant les procès : les raisons qui poussent les graffeurs à taire leurs problèmes avec la loi sont multiples. 

La publication de cette interview d'Azyle, l'un des noms les plus connus et les plus réputés du milieu du graffiti vandalique parisien, par Clique.tv marque donc une étape importante dans le débat public autour de ce sujet. En effet, si la France comme d'autres pays européens a tendance à ne pas condamner des peines de prison ferme les graffeurs, un système tortionaire s'est mis en place depuis quelques années. Celui-ci consiste à gonfler les frais de nettoyage des trains, afin de pouvoir réclamer aux graffeurs des sommes si importantes, qu'elles condament souvent ces citoyens à une mort civile. Cokney a été l'un des premiers à lever le voile sur cette situation, en exposant des pièces de son dossier conservé par la police au Palais de Tokyo l'hiver dernier, peu avant de publier les actes de son procès dans leur intégralité dans Chiaroscuro, avec l'aide d'Hugo Vitrani. Les tests effectués par Azyle dans la vidéo publiée ci-dessus visent, au contraire, les estimations que les sociétés de transport en commun utilisent pour calculer le coût des nettoyages. L'écart est considérable et laisse donc entrevoir une bataille juridique importante dans les semaines/mois à venir, qui pourrait remettre en cause dans son ensemble la stratégie des politiques antigraffiti françaises de ces dernières années.

 

PS: Notez qu'Azyle, comme la plupart des graffeurs, ne conteste pas son procès et se déclare prêt à rembourser les dommages qu'il a occasionné. Il demande juste que les sommes réclamées soient proportionnées aux frais réellement engagés pour nettoyer les trains.

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